Adnane Tragha, un homme plein d’idées

Adnane TRAGHA2

La semaine dernière, j’ai pu échanger quelques mots avec Adnane Tragha, un réalisateur indépendant repéré il y a quelques années par Luc Besson. Si c’est d’abord la nature de cette rencontre qui m’intriguait, notre discussion a rapidement dévié sur les nouvelles façons de faire du cinéma. Interview complémentaire donc, de mon entretien avec Alexandre Boucherot (co-fondateur de la société Ulule) sur les nouveaux modes de financements du 7e art.

Adnane, depuis quand fais-tu des films ?

J’ai tourné mon premier court métrage, Cohérence zéro, en 2004. Depuis j’ai tourné pas mal de choses avec ma société de production, Pass Pass La Cam’, créée en 2008/2009, que je gère, entre autre, avec mon frère jumeau. On n’y fait pas que du cinéma. On fait aussi de l’institutionnel, on réalise des clips ou on propose aux marques des concepts de web séries décalés.

C’est d’ailleurs grâce à cette dernière activité que tu t’es fait repéré par Luc Besson ?

Effectivement. Une des particularités de Pass Pass La Cam, c’est qu’on est associé avec Luc Besson et EuropaCorp. Besson était intéressé par une de nos séries, Pass Pass le mic, qu’il voulait vendre à la télé.

Voilà ! Ça facilite un peu les choses de travailler avec un Luc Besson !

Le projet ne s’est finalement pas fait. Mon travail avec EuropaCorp n’est pas forcément ce que je mets en avant, parce que ça ne fait pas tout. En ce moment, par exemple, je travaille sur deux longs métrages : La Vie de Rêve et 600 euros. La Vie de rêve sera effectivement distribué par Europacorp. Mais 600 euros n’a rien à voir avec EuropaCorp. Pour moi, ces deux projets sont aussi importants l’un que l’autre.

Parle moi un peu de ce film, 600 euros.   

Dans 600 euros je raconte l’histoire de quatre électeurs potentiels pendant les élections de 2012. Je n’avais pas envie d’attendre des financements et passer mon temps à réécrire. Je voulais y aller. Alors je l’ai écrit en le tournant. Je ne prévoyais jamais grand chose à l’avance (à part le tournage du 6 mai place de la Bastille et une session avec une des comédiennes pendant un meeting tv de François Hollande). Je n’avais pas de budget et je me suis lancé tout seul.

Exit donc la logique de financement par pré-achat. C’est plutôt marginal. Tu crois que ça peux fonctionner ? 

J’ai tourné avant de trouver les partenaires, c’est vrai. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de gens qui se lancent dans le cinéma. Mais il y a autant d’argent qu’avant. Donc il faut innover. Et là, il y a carrément des choses à faire. Si tu es producteur de ton film et que tu en possèdes les droits, tu peux, par exemple, négocier une mise à disposition de ton film dans les salles. Il y a déjà certaines salles parisiennes qui le font régulièrement. Il y a aussi le cinéma itinérant, aller dans les villes pour y projeter le film. Il y a plusieurs films qui ont fonctionné comme ça, comme Donoma de Djin Carrénard. Cela implique des contraintes budgétaires et logistiques qu’il faut prendre en compte dès l’écriture. Mais un film reste un film : Si tu vas voir 600 euros au cinéma et qu’il sort en même temps qu’un Superman, tu ne verras pas dix affiches pour Superman et une seule pour 600 euros : Tu verras une affiche Superman, une affiche 600 euros. Et lorsque tu achèteras le DVD des deux films, il n’y en aura pas un plus « lourd » que l’autre sur ton étagère, non ? Un film reste un film. Les gens vont au cinéma pour rêver. La technique, combien un film a coûté, il s’en foutent !

A quand donc 600 euros sur les écrans ? 

Je n’en suis qu’au début. J’espère une sortie à la rentrée. Ce film, je l’ai fait sans calcul parce que j’en avais marre du système traditionnel. Si le film plait tant mieux et si le film ne plait pas tant pis. Maintenant, l’objectif c’est de le sortir et que ça plaise à d’autre.

Et la Vie de Rêve ? 

Je développe La vie de rêve avec mon frère. On aimerait pouvoir le tourner en 2014. En une phrase c’est une parodie de Scarface. On a un super casting, décalé, mais c’est celui qu’on voulait. Pour ce film, on réintègre le circuit traditionnel de financement du cinéma, mais ça ne veut pas dire que je ne ferai plus de « petits » films.

L’important pour moi, c’est de prendre du plaisir à faire du cinéma, à jouer avec les acteurs et emmener tout ça le plus loin possible.

Merci Adnane pour cet échange très sympa et qui m’a donné envie de tourner ! Pas vous ?

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