Archives Mensuelles: juillet 2015

En tête à tête avec Orson Welles de Henry JAGLOM et Orson Welles

Orson Welles est un scénariste, comédien, réalisateur, metteur en scène et prestidigitateur américain (1915-1985). Il devient un acteur majeur de la scène cinématographique dès son premier long métrage, Citizen Kane, qu’il réalise en 1941 (il est alors âgé de 26 ans). Le film est aujourd’hui considéré par l’American Film Institute comme le meilleur film de tous les temps.

Henry Jaglom est un scénariste et réalisateur anglais né en 1941. Il rencontre Orson Welles pour la première fois à l’hôtel Plaza de New York, plus précisément devant la porte de sa chambre. Henry est venu lui proposer un rôle dans son premier film, A Safe Place (réalisé en 1971). Orson, d’abord réticent (« je ne fais jamais les premiers projets de réalisateurs débutants »), se laisse finalement convaincre en apprenant qu’il  incarnera un magicien et qu’il pourra porter une cape.  

Le pitch du livre : Pendant sept ans, Orson Welles et Henry Jaglom ont déjeuné presque toutes les semaines au restaurant « Ma Maison », un petit établissement de Los Angeles convoité des people. Le livre reprend les conversations enregistrées en 1984 et 1985, alors qu’Orson était dans une impasse professionnelle. Il pensait pouvoir utiliser ces enregistrements pour écrire sa biographie et se remettre à flot. Il est mort trop tôt. Les cassettes, après avoir passé quelques années au placard, ont été récupérées par Peter Biskind, historien du cinéma et admirateur de Welles, posées sur papier et finalement publiées en 2013.

Orson Welles

En tête à tête avec Orson, ça raconte quoi ? La critique quasi dithyrambique du livre m’avait rendu sceptique quant à la qualité de son contenu. Résultat ? On se laisse effectivement très vite gagner par ce gloubiboulga de confidences amicales, de rudesses professionnelles et de surprises en tout genre sur la jet set hollywoodienne des années 50 à 70. Alors, si je devais retenir deux choses du livre, quelles seraient-elles ?

Orson était un passionné de Shakespeare. Jouer Shakespeare ne s’improvise pas et tout ceux qui en ont eu l’honneur passent au microscope du docteur Welles. Cette moulinette n’est d’ailleurs pas réservée qu’aux interprètes de Shakespeare. Tout au long du livre Orson partage très librement et avec grande précision ses points de vue sur l’interprétation de tel ou tel acteur, sur les intentions de tel ou tel metteur en scène. Si le contenus de ces analyses importe peu, c’est avant tout sa quête intransigeante de précision et de justesse que l’on retiendra (car il n’avait pas un caractère facile, le bougre) !

Citizen Kane. Son premier long métrage. Une réussite fulgurante toujours considérée comme l’un des plus grands films au monde. Le reste de sa carrière fût plus compliquée. Les projets laissés en plan se sont accumulés. Les budgets ont été de plus en plus difficiles à boucler (c.f. la deuxième partie du livre avec l’épopée de son Lear qui ne se montera jamais). Les contrats publicitaires (manne sur laquelle Orson aurait bien aimé compter sur la fin de sa carrière) ont eu tendance à se raréfier. Si Orson n’a jamais perdu de son vivant son statut de monstre du cinéma, ses dernières années l’ont fait transpirer à grosses gouttes.

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Et si je devais oublier une chose, quelle serait-elle ?

« Une biographie n’est jamais écrite à bon escient ». Dans la deuxième partie du livre, Orson partage avec Henry son désintérêt pour les biographies. En fait, elles lui font peur. Selon lui, une bio mettra toujours (trop) en évidence les défauts, les verrues, de ceux dont on raconte la vie. Pour cette raison, j’oublierai le chapitre sur Chaplin. Orson y révèle une série de détails sur la personnalité et le travail du héros des Temps Modernes, rompant ainsi le charme autour du personnage à moustaches. Méfiez-vous : ne vous laissez pas convaincre trop vite par Orson l’illusionniste !

Bonne lecture à tous !

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Terminator Genisys : Fallait-il vraiment qu’il revienne ?

Le pitch : Le leader de la résistance John Connor envoie le sergent Kyle Reese dans le passé pour protéger sa mère, Sarah Connor et préserver l’avenir de l’humanité. Des événements inattendus provoquent une fracture temporelle et Sarah et Kyle se retrouvent dans une nouvelle version du passé. Nouveaux défis, nouveaux Terminator, nouvelles emmerdes. Cet opus a été réalisé par Alan Taylor. Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose, pourtant son CV est impressionnant. Il a travaillé sur de grosses productions TV (comme les Soprano, Mad Men et plus récemment Game of Thrones). À partir de 2011, appelé par la franchise Marvel, il réalise plusieurs block busters musclés (un opus de Thor, des Avengers, etc.). Rien d’illégitime donc, à le retrouver en capitaine de bateau sur ce nouveau Terminator.

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Les 3 plus et les 3 moins du film ? 

++ : La réplique numérique d’Arnold Schwarzenneger jeune est impressionnante. Dans sa fameuse interview web, James Cameron (qui co-signe le scénario du film) ne nous ment pas. Le moment ou le jeune T-800 rencontre son ancêtre est très attendu. D’abord parce que la qualité des effets spéciaux est impressionnante (le gros plan sur le visage du jeune Terminator est extrêmement réaliste). Ensuite, parce que cette scène détourne une des scènes mythiques du premier opus. À ce moment du film, on a hâte de connaitre la suite.

+ : Le casting. Si j’émettais quelques réserves sur le choix Jason Clarke avant de rentrer en salle, il campe assez bien un John Connor déstabilisant. Quant à Emilia Clarke (Sarah Connor) elle fait son job. On lui trouve même quelques ressemblances avec Linda Hamilton, la Sarah des T1 et T2 ( les muscles en moins, un peu de poitrine en plus).

+ et –  : On se marre ! Surtout des singeries du Terminator autrichien qui a vieilli et qui s’est largement humanisé au contact de Sarah Connor. À l’image de ce sourire « de convenance » vu et revu dans la bande annonce du film.

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Toutefois était-il judicieux de tant forcer le trait, au point d’assimiler le T-800 à un papy ? Terminator, nouvelle comédie potache ? À voir le dimanche soir en famille ? En tout cas, l’atmosphère inquiétante et un peu crado des premiers opus a complètement disparu.

– Ça parle trop ! Et pourtant je suis plutôt le genre de mec qui aime bien quand ça blablate. Mais là, ça parle pour ne rien dire. « Comment ? Je sais que tu m’aimes et pourtant tu vas mourir ? » … « Vraiment tu veux t’assoir sur ce banc ? Ce serait tellement merveilleux qu’il soit encore là demain si nous arrivions à détruire Skynet » … « Ah non Skynet, tu n’es pas mon ami ! Je te déteste ».

– – Une idée de base mal exploitée (attention spoiler). L’idée de pervertir John Connor était effectivement une très bonne idée et permettait d’ouvrir le champ des possibles. Malheureusement, ces possibles tournent trop vite autour de la même chose : la technologie. Avec la manipulation génétique, la manipulation technologique est THE INCREDIBEUL IDEA pour créer du super méchant. L’idée, usée, épuisée, ne fait, je trouve, plus recette. Le super John Connor qu’on dégonde à coups d’aimants et d’impulsions électro magnétiques, c’est bof. Un super ordinateur qui contrôle tout ? L’idée était géniale entre la fin des années 70 et le début des années 90. Aujourd’hui, elle est beaucoup moins surprenante.

Conclusion : Le prochain film que j’irai voir ne sera pas une super production américaine ! Et vous qu’en avez-vous pensé ! Laissez-moi vos commentaires.