En tête à tête avec Orson Welles de Henry JAGLOM et Orson Welles

Orson Welles est un scénariste, comédien, réalisateur, metteur en scène et prestidigitateur américain (1915-1985). Il devient un acteur majeur de la scène cinématographique dès son premier long métrage, Citizen Kane, qu’il réalise en 1941 (il est alors âgé de 26 ans). Le film est aujourd’hui considéré par l’American Film Institute comme le meilleur film de tous les temps.

Henry Jaglom est un scénariste et réalisateur anglais né en 1941. Il rencontre Orson Welles pour la première fois à l’hôtel Plaza de New York, plus précisément devant la porte de sa chambre. Henry est venu lui proposer un rôle dans son premier film, A Safe Place (réalisé en 1971). Orson, d’abord réticent (« je ne fais jamais les premiers projets de réalisateurs débutants »), se laisse finalement convaincre en apprenant qu’il  incarnera un magicien et qu’il pourra porter une cape.  

Le pitch du livre : Pendant sept ans, Orson Welles et Henry Jaglom ont déjeuné presque toutes les semaines au restaurant « Ma Maison », un petit établissement de Los Angeles convoité des people. Le livre reprend les conversations enregistrées en 1984 et 1985, alors qu’Orson était dans une impasse professionnelle. Il pensait pouvoir utiliser ces enregistrements pour écrire sa biographie et se remettre à flot. Il est mort trop tôt. Les cassettes, après avoir passé quelques années au placard, ont été récupérées par Peter Biskind, historien du cinéma et admirateur de Welles, posées sur papier et finalement publiées en 2013.

Orson Welles

En tête à tête avec Orson, ça raconte quoi ? La critique quasi dithyrambique du livre m’avait rendu sceptique quant à la qualité de son contenu. Résultat ? On se laisse effectivement très vite gagner par ce gloubiboulga de confidences amicales, de rudesses professionnelles et de surprises en tout genre sur la jet set hollywoodienne des années 50 à 70. Alors, si je devais retenir deux choses du livre, quelles seraient-elles ?

Orson était un passionné de Shakespeare. Jouer Shakespeare ne s’improvise pas et tout ceux qui en ont eu l’honneur passent au microscope du docteur Welles. Cette moulinette n’est d’ailleurs pas réservée qu’aux interprètes de Shakespeare. Tout au long du livre Orson partage très librement et avec grande précision ses points de vue sur l’interprétation de tel ou tel acteur, sur les intentions de tel ou tel metteur en scène. Si le contenus de ces analyses importe peu, c’est avant tout sa quête intransigeante de précision et de justesse que l’on retiendra (car il n’avait pas un caractère facile, le bougre) !

Citizen Kane. Son premier long métrage. Une réussite fulgurante toujours considérée comme l’un des plus grands films au monde. Le reste de sa carrière fût plus compliquée. Les projets laissés en plan se sont accumulés. Les budgets ont été de plus en plus difficiles à boucler (c.f. la deuxième partie du livre avec l’épopée de son Lear qui ne se montera jamais). Les contrats publicitaires (manne sur laquelle Orson aurait bien aimé compter sur la fin de sa carrière) ont eu tendance à se raréfier. Si Orson n’a jamais perdu de son vivant son statut de monstre du cinéma, ses dernières années l’ont fait transpirer à grosses gouttes.

citizen-kane-poster

Et si je devais oublier une chose, quelle serait-elle ?

« Une biographie n’est jamais écrite à bon escient ». Dans la deuxième partie du livre, Orson partage avec Henry son désintérêt pour les biographies. En fait, elles lui font peur. Selon lui, une bio mettra toujours (trop) en évidence les défauts, les verrues, de ceux dont on raconte la vie. Pour cette raison, j’oublierai le chapitre sur Chaplin. Orson y révèle une série de détails sur la personnalité et le travail du héros des Temps Modernes, rompant ainsi le charme autour du personnage à moustaches. Méfiez-vous : ne vous laissez pas convaincre trop vite par Orson l’illusionniste !

Bonne lecture à tous !

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Une réflexion sur “En tête à tête avec Orson Welles de Henry JAGLOM et Orson Welles

  1. […] les temps » en 1997 et 2007 par l’American Film Institute, omniprésent dans les échanges entre Welles et Henry Jaglom, il fallait bien jeter un nouveau coup d’oeil à ce chef d’oeuvre […]

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