L’absence de contre pouvoir : SPOTLIGHT et ENCORE HEUREUX

Du « contre pouvoir » ? kézako ? Robert McKee en parle très bien dans son livre « anatomie du scénario ». La qualité d’un script dépend, en grande partie, de la qualité des obstacles que le héros de l’histoire va devoir surmonter. Plus les énigmes vont être difficiles à résoudre (ne pas confondre difficulté et complexité), plus le héros va devoir se dépasser et le public avec. Qui n’a pas envie de trouver le meurtrier plus rapidement que Columbo ?! En somme, plus le contre pouvoir est puissant, plus le méchant est malin, plus l’histoire est prenante. C’est un peu ce qui manque  à SpotLight et Encore Heureux.

 

Capture d’écran 2016-01-28 à 16.06.26

 

SpotLight : Le film est top mais ma remarque reste vraie. Le pitch du film de Tom McCarthy, basé sur des faits réels : Une équipe de journalistes du Boston Globe enquête sur plusieurs agressions sexuelles commises sur des enfants. Les fauteurs ? Plusieurs cadres de l’Eglise Catholique locale. On est pas bête. Les bons = l’équipe de journalistes. Les « salauds » = les cathos. J’éviterai les considérations éthiques ici ! En revanche, ce qu’on peut remarquer, c’est le manque de répondant de cette Eglise corrompue. Les enquêteurs avancent, sans grand obstacle extérieur. Au sein de l’équipe c’est la même chose, pas de problème majeur, pas de dissension. Du coup, même si le film reste très agréable à regarder (le spectateur est plongé dans l’enquête du début à la fin du film), c’est son caractère informatif qui prend le pas. On développe peu d’empathie pour les personnages. Ni sympas, ni méchants, ils font leur job consciencieusement comme de bons petits chrétiens (on va pas dire cathos quand même !).

 

Encore heureux

 

Pour Encore heureux (attention spoiler alert), c’est un peu différent. Le contre pouvoir du film, c’est l’argent. Sur le thème de la comédie, le réalisateur Benoît Graffin nous montre à quel point il est difficile de résister à son appel. Tellement difficile … qu’on n’y résiste tout simplement pas ! Le film est donc une succession de non résistances aux tentations qui nous fait passer un moment rigolo, certes, mais auquel on ne croit plus dans la dernière demie heure tellement tout est gros.

Dans les deux cas, je me suis quand même diverti. Ne boudez pas votre plaisir, allez au ciné !

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