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Comment parler en public de Dale Carnegie

Ni un sujet ciné, ni litté, ni TV, mais connexe : la prise de parole en public (exercice qui a beaucoup en commun avec le jeu d’acteur).

L’auteur : Dale Carnegie (1888-1955) a été une référence en terme de formation à la communication, au leadership et à la vente. Il a donné ses premiers cours de son Entrainement à la Parole en Public en 1912 à l’Y.M.C.A. En 1990, 4 millions de personnes ont suivi la formation. Aujourd’hui, partout dans le monde via les partenaires Dale Carnegie Training, les principes de son concepteur continuent d’être enseignés.

Le pitch du livre : Comment parler en public et voilà ! Des principes et des exemples. 200 pages qui se lisent très vite. Aux éditions Livre de Poche.

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Et il est bien ce bouquin ? Oui. Je vois deux raisons à cela.

Tout d’abord il est simple. Il n’aborde qu’à titre d’exemple les problèmes de respiration, de confiance en soi ou de concentration qu’on aurait tendance à prioriser en premier lieu. Dale Carnegie ne perd jamais de vue une seule chose : l’objectif. Qu’il soit d’informer, de distraire ou de convaincre, seul l’objectif est moteur et vous amène à faire des choix. A dire ce qu’il faut. Et à dialoguer avec votre auditoire.

Le livre est répétitif. Oui. Le bouquin redit sans cesse la même chose. S’il le fait, c’est parce que c’est essentiel. Il faut comprendre votre objectif et travailler dur pour y parvenir. Puis s’entrainer. Puis se remettre au travail. S’entrainer à nouveau. Etc.

Un autre lumière à apporter sur le bouquin ? Je vous écoute !

En tête à tête avec Orson Welles de Henry JAGLOM et Orson Welles

Orson Welles est un scénariste, comédien, réalisateur, metteur en scène et prestidigitateur américain (1915-1985). Il devient un acteur majeur de la scène cinématographique dès son premier long métrage, Citizen Kane, qu’il réalise en 1941 (il est alors âgé de 26 ans). Le film est aujourd’hui considéré par l’American Film Institute comme le meilleur film de tous les temps.

Henry Jaglom est un scénariste et réalisateur anglais né en 1941. Il rencontre Orson Welles pour la première fois à l’hôtel Plaza de New York, plus précisément devant la porte de sa chambre. Henry est venu lui proposer un rôle dans son premier film, A Safe Place (réalisé en 1971). Orson, d’abord réticent (« je ne fais jamais les premiers projets de réalisateurs débutants »), se laisse finalement convaincre en apprenant qu’il  incarnera un magicien et qu’il pourra porter une cape.  

Le pitch du livre : Pendant sept ans, Orson Welles et Henry Jaglom ont déjeuné presque toutes les semaines au restaurant « Ma Maison », un petit établissement de Los Angeles convoité des people. Le livre reprend les conversations enregistrées en 1984 et 1985, alors qu’Orson était dans une impasse professionnelle. Il pensait pouvoir utiliser ces enregistrements pour écrire sa biographie et se remettre à flot. Il est mort trop tôt. Les cassettes, après avoir passé quelques années au placard, ont été récupérées par Peter Biskind, historien du cinéma et admirateur de Welles, posées sur papier et finalement publiées en 2013.

Orson Welles

En tête à tête avec Orson, ça raconte quoi ? La critique quasi dithyrambique du livre m’avait rendu sceptique quant à la qualité de son contenu. Résultat ? On se laisse effectivement très vite gagner par ce gloubiboulga de confidences amicales, de rudesses professionnelles et de surprises en tout genre sur la jet set hollywoodienne des années 50 à 70. Alors, si je devais retenir deux choses du livre, quelles seraient-elles ?

Orson était un passionné de Shakespeare. Jouer Shakespeare ne s’improvise pas et tout ceux qui en ont eu l’honneur passent au microscope du docteur Welles. Cette moulinette n’est d’ailleurs pas réservée qu’aux interprètes de Shakespeare. Tout au long du livre Orson partage très librement et avec grande précision ses points de vue sur l’interprétation de tel ou tel acteur, sur les intentions de tel ou tel metteur en scène. Si le contenus de ces analyses importe peu, c’est avant tout sa quête intransigeante de précision et de justesse que l’on retiendra (car il n’avait pas un caractère facile, le bougre) !

Citizen Kane. Son premier long métrage. Une réussite fulgurante toujours considérée comme l’un des plus grands films au monde. Le reste de sa carrière fût plus compliquée. Les projets laissés en plan se sont accumulés. Les budgets ont été de plus en plus difficiles à boucler (c.f. la deuxième partie du livre avec l’épopée de son Lear qui ne se montera jamais). Les contrats publicitaires (manne sur laquelle Orson aurait bien aimé compter sur la fin de sa carrière) ont eu tendance à se raréfier. Si Orson n’a jamais perdu de son vivant son statut de monstre du cinéma, ses dernières années l’ont fait transpirer à grosses gouttes.

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Et si je devais oublier une chose, quelle serait-elle ?

« Une biographie n’est jamais écrite à bon escient ». Dans la deuxième partie du livre, Orson partage avec Henry son désintérêt pour les biographies. En fait, elles lui font peur. Selon lui, une bio mettra toujours (trop) en évidence les défauts, les verrues, de ceux dont on raconte la vie. Pour cette raison, j’oublierai le chapitre sur Chaplin. Orson y révèle une série de détails sur la personnalité et le travail du héros des Temps Modernes, rompant ainsi le charme autour du personnage à moustaches. Méfiez-vous : ne vous laissez pas convaincre trop vite par Orson l’illusionniste !

Bonne lecture à tous !

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Le formation de l’acteur de Constantin Stanislavsky

Constantin Stanislavsky est un comédien, metteur en scène et professeur d’art dramatique russe (1863-1938). Son enseignement est à la base du célèbre cours new-yorkais de théâtre Actors Studio de Lee Strasberg et Elia Kazan. La formation de l’acteur est publié pour la première fois en 1936. Stanislavsky est également l’auteur de la construction du personnage.

Le pitch du bouquin : Le jeune Kostya veut devenir acteur et décide de se former avec le professeur Tortsov. Le livre prend la forme du journal intime de Kostya, tenu pendant sa première année de formation.

formation acteur

En vrai, ça raconte quoi ? La formation de l’acteur est le premier livre que j’ai lu lorsque j’ai intégré le studio Muller, une école de comédien professionnel à Paris (j’y suis resté entre 2009 et 2012). L’objectif : comprendre la méthode de jeu de Constantin Stanislavsky et son intelligence émotionnelle, autrement dit la base de l’enseignement type Actors Studio. Au cours de sa carrière de chercheur (et oui, même en théâtre c’est possible), Constantin Stanislavsky a découvert une chose primordiale : nous ne pouvons pas contrôler nos sentiments. Par exemple, on ne peut pas vivre la tristesse ou la joie dès lors qu’on le décide. Ce serait trop beau !

L’alternative que propose Stanislavsky est finalement assez simple : si on ne peut invoquer sur demande un sentiment, on peut en revanche, via un processus de concentration et de travail très personnel, invoquer des images, des souvenirs du passé, assez forts pour réveiller aujourd’hui l’émotion jadis ressentie. Une partie du travail de l’acteur consiste donc à se construire un jeu d’images et de souvenirs personnels, utilisables à tout moment (préparation d’un rôle, improvisation, …). L’acteur ne joue plus, il n’incarne plus, il est simplement lui-même, dans une situation. Plus l’acteur travaille, plus ses souvenirs personnels et le contexte du rôle se confondent : l’histoire du personnage devient petit à petit celle de l’acteur. L’acteur s’efface, l’homme prend place. 

C’est ce parcours, cette expérimentation, que Stanislavsky nous livre dans son livre au travers du regard de Kostya l’élève (un Stanislavsky jeune et inexpérimenté) et son professeur Tortsov (le Stanislavsky plus mature).

En conclusion : Pour ceux qui n’aspirent pas à devenir comédien professionnel mais qui veulent en savoir un peu plus sur le jeu d’acteur, le livre est très accessible ! Ceux qui se destinent à une carrière d’interprète ne pourront pas passer à côté. À lire dès le début de votre apprentissage et à relire un an ou deux ans après. Vous n’aurez pas le même niveau de lecture.

Bonne découverte à tous.

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Histoire du cinéma français (3e édition) de Jean-Pierre Jeancolas

Né dans les années 30, Jean-Pierre Jeancolas est un critique et historien du cinéma. Il a collaboré dans plusieurs revues (Jeune Cinéma, Positif). Dans L’histoire du cinéma Français l’auteur joue à fond son rôle d’historien pour nous offrir une petite frise du temps cinématographique.

Le contenu du bouquin : Une centaine de page pour présenter les grandes lignes de l’histoire du 7e art en France : de la naissance du cinéma de Méliès à la complexité des modèles économiques de la création d’aujourd’hui.  

histoire cinéma francais

En détail, ça raconte quoi ?  En 100 pages, pas de détail ! Et parfois, ça fait du bien. Un bouquin facile à lire, qui aborde rapidement l’évolution du cinéma depuis les frères Lumières : Pathé et Gaumont étaient là dès le début, le cinéma d’après guerre, la Nouvelle Vague, les réalisateurs qui ont marqué le PAF, etc. Le tout se lit en une petite heure, voire deux, mais simplement parce que je suis un peu lent !

En somme, un bon livre pour initier sa culture quant à l’histoire du cinéma bleu blanc rouge.

Bonne lecture à tous.

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Pop Théologie de Mark Alizart

Mark Alizart est un acteur de la vie culturelle française né à Londres en 1975. Il a été, entre autre, à l’origine de la revue « Fresh Théorie » alors qu’il travaillait au Centre Pompidou, co-directeur du Palais de Tokyo en 2006 puis conseiller au ministère de la Culture et de la Communication en 2010.

Le pitch du bouquin : Pourquoi Maître Yoda dit-il qu’il faut « croire » en la Force, dans La Guerre des Étoiles ? Pourquoi l’une des premières équipes de football a-t-elle choisi de s’appeler les Corinthiens ? Pop Théologie suggère que c’est parce que la société du spectacle, des loisirs et de la consommation doit sa forme à la religion. Tiens donc !

pop théologie - mark alizart

En vrai, ça raconte quoi ?  Yoda, la Force. Super ! Avec un tel pitch, je pensais découvrir un livre bourré de décryptages de la pensée Holywoodienne moderne. C’est raté. Alors, pop théologie ça parle de quoi ? Plus de théologie que de culture finalement.

Une grande partie du livre est consacré à l’histoire du protestantisme et à son influence sur notre société actuelle. En s’appuyant sur les réflexions et la philosophie de Calvin, Nietzsche, Hobbes, ou encore Weber, ce qui intéresse Alizart c’est la capacité que l’homme a de se surpasser, de surmonter les obstacles de la vie. Des obstacles qui lui permettent de mieux comprendre son identité, son soit. Or, dans la pensée protestante réformée, c’est en cultivant la foi (en Dieu) que chacun trouve son salut. Par cultiver sa foi, on entend exprimer des valeurs (chrétiennes) applicables au quotidien (en faisant des actions justes). La réalisation de ces actions exige parfois de nous un effort. C’est en acceptant cet effort que nous comprenons mieux qui nous sommes (limites à repousser, développement de notre imagination etc.). Le fait d’aduler le Yoda de Star Wars (ou d’autres oeuvres de la pop culture) n’est pas signe de désenchantement mais représente, au contraire, un retour aux valeurs morales. « Seuls ceux qui croient ont une morale, et seuls ceux qui ont une morale ont « la force » de se libérer, de réussir ». CQFD !

Autre bon point du livre : c’est un excellent somnifère si vous avez du mal à trouver le sommeil le soir au fond du lit…

Bonne lecture à tous.

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