L’interview d’Alexandre Dino du Nikon Film Festival

AmbianceNFF
Vincent : Hello Alexandre et merci de répondre à mes questions. Peux-tu tout d’abord te présenter et nous expliquer un peu mieux ton rôle chez Nikon et au Nikon Film Festival ?

Alexandre : Salut Vincent ! Je suis actuellement en charge de projets digitaux chez Nikon France. Je pilote avec toute l’équipe digitale la création de contenus comme par exemple les reportages ou les interviews qui viendront animer les sites web www.iamyourstory.fr ou www.nikon.fr. En parallèle, nous travaillons sur l’organisation d’événements comme le Nikon Film Festival auquel tu as participé l’an dernier.

Plus précisément, comment se déroule le NFF ?

Le NFF, c’est trois grandes périodes distinctes. La première est la préparation du concours qui passe par l’élaboration d’un jury, la définition d’un thème et la conception du site web www.festivalnikon.fr. Au lancement du Festival, on passe à l’étape support : il faut visionner l’intégralité des films reçus pour la publication en ligne (nous les regardons tous !), garder le contact avec les réalisateurs participants et piloter la diffusion des courts métrages en compétition. Enfin, la phase terrain, la préparation du grand final, qui démarre après l’annonce des présélectionnés. Nous devons généralement enchainer très rapidement les délibérations du jury, le Festival de Clermont et la soirée de remise de prix.

Alexandre Dino - Serge Hazanavicius

Le thème de cette année est « Je suis un geste ». Pourquoi !?

Le choix cette année a été difficile car nous hésitions entre un thème « grand public » ou un thème plus complexe, plus visuel. C’est cette dernière option qui a finalement été retenue. Nous voulions vraiment « corser » le travail des réalisateurs. Le thème nécessite un vrai travail de scénario et de mise en scène. Après 5 années d’existence, nous nous sommes permis un sacrée prise de risque ! J’ai hâte de voir le résultat, c’est un gros challenge pour les participants.

En 2016, le prix de la mise en scène remplace celui de la meilleure réalisation. Quelle différence faites-vous entre ces deux prix ?  

La différence se situe au niveau de la compréhension de ce prix, qui parlait avant tout au grand public mais pas aux professionnels. A l’inverse, récompenser la « photographie » aurait pu créer une vraie confusion avec notre activité première donc nous avons opté pour la mise en scène. Le nom change mais la volonté reste identique : récompenser le travail technique de l’image.

Globalement, les prix ont l’air plus important que lors de l’édition 2015. Me trompe-je ?

Tu as l’œil ! C’est vrai : plusieurs partenaires ont souhaité s’impliquer plus sérieusement dans le Nikon Film Festival. C’est notamment le cas de Dailymotion qui propose désormais une diffusion web pour un des primés ou Ulule qui récompensera le Prix du Public par un financement de projet. Nikon offre désormais le kit D750, une nouveauté produit orientée vidéo qui, je l’espère, convaincra les lauréats. Au delà des dotations, les partenaires souhaitent soutenir plus que jamais les participations qui méritent plus de visibilité. C’est certainement le plus important à retenir.

Le jury s’est également élargi, tu peux nous expliquer pourquoi ?

Nous avons conservé les bases de notre jury avec des membres qui incarnent l’identité du festival : ils font partie de son histoire. Pour les nouveaux, nous avons voulu garder l’esprit du web en diversifiant et multipliant les profils pour arriver à un jury final représentatif du public et cohérent. Cette année, Jacques Gamblin apportera toute son expérience du cinéma et du théâtre pour présider le jury. Cyprien apportera son regard sur la réalisation de formats web très courts. Nous sommes fiers d’être les seuls à rassembler dans un jury des réalisateurs, des acteurs, des producteurs, des journalistes, des organisateurs d’événements culturels et le Youtubeur n°1 en France pour juger les films en compétition. Ils incarnent au mieux l’esprit du Nikon Film Festival : un festival de créateurs sur le web !

À un niveau plus personnel, quelle est ton ambition dans le cadre du Festival ? 

J’espère tout simplement aider du mieux possible les participants à gagner en visibilité. Tu vois Vincent, même si de plus en plus de vidéos sont disponibles sur le web, paradoxalement, la qualité se fait rare. En plus, elle est vite noyée dans la masse ! L’objectif est donc de donner de la visibilité aux talents. Pour ce faire, il est indispensable que la NFF soit une réussite globale et que le résultat soit partagé par le plus grand nombre. Réussir à imposer le court-métrage sur le web, c’est un défi qui me plait. En tant que spectateur, je suis satisfait de voir que le Nikon Film Festival tire le niveau vers le haut … et ce n’est qu’un début, j’en suis sûr !

As-tu un souvenir, une anecdote dans le cadre du NFF 2015 que tu aimerais partager avec nous ? 

Mon plus beau souvenir sur la 5ème édition, ce sont les projections au Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand. Au départ, nous devions sélectionner seulement 10 films pour les projections (comme les années précédentes). Au dernier moment nous avons décidé d’en projeter 50 : c’était tout simplement trop difficile de choisir ! Ils méritaient tous d’être vus par un public de cinéphiles. Dans l’esprit, c’est magnifique ; dans l’organisation, moins ! Le coup de stress en valait la peine. Au final l’accueil du public sur place a été très positif et le succès des séances publiques incroyable. Nous avons du refuser du monde. C’était une belle récompense pour les réalisateurs. Plus globalement cette édition a été un grand succès : beaucoup de réalisateurs et de membres des équipes sont venus à Clermont (bien plus que prévus !), la couverture médiatique a été hallucinante, sans compter le succès préalable sur le web (les 5 premiers films comptabilisant à eux seuls 2 millions de vues) .. Bref, une effervescence, un vrai plaisir de voir que le Festival devient une référence dans le domaine.

Qu’attend l’équipe du NFF de cette nouvelle édition ? 

Nous ne changeons pas d’objectif, à savoir donner de la visibilité aux jeunes talents et mettre en avant l’image. Nous souhaitons avant tout participer au renouveau du court-métrage sur le web, pour afficher clairement qu’il est possible de faire de très bons films avec peu de moyens financiers et humains : il faut surtout de bonnes idées. Et puis d’ accompagner ces talents par la suite s’ils le souhaitent. Cette année doit permettre de démontrer que la vidéo est accessible à tous. Il est important que les films en compétition concernent le grand public autant que le milieu du cinéma. Pour le reste, c’est à vous de jouer, ou plutôt d’agir !

Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.festivalnikon.fr

Oldies – Citizen Kane, meilleur film de tous les temps ?

Le pitch du film : Charles Foster Kane, le magnat de la presse américaine vient de décéder dans son immense demeure du royaume de Xanadu. Un directeur d’agence, intrigué par les derniers mots du milliardaire – le fameux « rosebud » – dépêche un de ses journalistes pour enquêter. Bon sang de bois, mais qui est rosebud ?

Élu « Meilleur film de tous les temps » en 1997 et 2007 par l’American Film Institute, omniprésent dans les échanges entre Welles et Henry Jaglom, il fallait bien jeter un nouveau coup d’oeil à ce chef d’oeuvre !

critique-citizen-kane-welles1
Alors, en vrai c’est comment ? Le meilleur film de tous les temps. Vous savez … Les temps changent. Les modes, les envies, les sujets aussi, alors c’est difficile à dire. Cependant, le film était et demeure d’une indéniable qualité et la plupart des choix du réalisateur fonctionnent toujours très bien.

Si je devais en retenir un : Citizen Kane est autant un film de créatif qu’un film de technicien. Valeurs de plans, cadrages, placements des acteurs, profondeurs de champs, clairs obscurs … Tout est précis dans ce film. Orson était un multi-casquettes qui aimait écrire, jouer mais aussi éclairer et monter ses films (montage resté d’ailleurs résolument moderne et dynamique). Dans Kane, Orson s’est imposé certains choix qui ne faisaient pas forcément l’unanimité à Hollywood. Tant à la technique (une image sombre et contrastée, une narration décousue en flash-back) que dans son propos (critique du système capitaliste). Le film a d’ailleurs été boudé à sa sortie (quelques polémiques couraient aussi au sujet d’Orson … ça n’a pas aidé). Oublié pendant dix ans puis redécouvert, Citizen Kane est finalement élevé au rang de chef d’oeuvre dans les années 50. Bref, une très belle leçon de précision qui pourrait être utile à tous les réalisateurs en herbe (aussi aux plus expérimentés, mais je voudrais pas les vexer). Merci Orson.

Pour le reste, je vous conseille de mener votre propre enquête… Rosebud, t’es où ?

En tête à tête avec Orson Welles de Henry JAGLOM et Orson Welles

Orson Welles est un scénariste, comédien, réalisateur, metteur en scène et prestidigitateur américain (1915-1985). Il devient un acteur majeur de la scène cinématographique dès son premier long métrage, Citizen Kane, qu’il réalise en 1941 (il est alors âgé de 26 ans). Le film est aujourd’hui considéré par l’American Film Institute comme le meilleur film de tous les temps.

Henry Jaglom est un scénariste et réalisateur anglais né en 1941. Il rencontre Orson Welles pour la première fois à l’hôtel Plaza de New York, plus précisément devant la porte de sa chambre. Henry est venu lui proposer un rôle dans son premier film, A Safe Place (réalisé en 1971). Orson, d’abord réticent (« je ne fais jamais les premiers projets de réalisateurs débutants »), se laisse finalement convaincre en apprenant qu’il  incarnera un magicien et qu’il pourra porter une cape.  

Le pitch du livre : Pendant sept ans, Orson Welles et Henry Jaglom ont déjeuné presque toutes les semaines au restaurant « Ma Maison », un petit établissement de Los Angeles convoité des people. Le livre reprend les conversations enregistrées en 1984 et 1985, alors qu’Orson était dans une impasse professionnelle. Il pensait pouvoir utiliser ces enregistrements pour écrire sa biographie et se remettre à flot. Il est mort trop tôt. Les cassettes, après avoir passé quelques années au placard, ont été récupérées par Peter Biskind, historien du cinéma et admirateur de Welles, posées sur papier et finalement publiées en 2013.

Orson Welles

En tête à tête avec Orson, ça raconte quoi ? La critique quasi dithyrambique du livre m’avait rendu sceptique quant à la qualité de son contenu. Résultat ? On se laisse effectivement très vite gagner par ce gloubiboulga de confidences amicales, de rudesses professionnelles et de surprises en tout genre sur la jet set hollywoodienne des années 50 à 70. Alors, si je devais retenir deux choses du livre, quelles seraient-elles ?

Orson était un passionné de Shakespeare. Jouer Shakespeare ne s’improvise pas et tout ceux qui en ont eu l’honneur passent au microscope du docteur Welles. Cette moulinette n’est d’ailleurs pas réservée qu’aux interprètes de Shakespeare. Tout au long du livre Orson partage très librement et avec grande précision ses points de vue sur l’interprétation de tel ou tel acteur, sur les intentions de tel ou tel metteur en scène. Si le contenus de ces analyses importe peu, c’est avant tout sa quête intransigeante de précision et de justesse que l’on retiendra (car il n’avait pas un caractère facile, le bougre) !

Citizen Kane. Son premier long métrage. Une réussite fulgurante toujours considérée comme l’un des plus grands films au monde. Le reste de sa carrière fût plus compliquée. Les projets laissés en plan se sont accumulés. Les budgets ont été de plus en plus difficiles à boucler (c.f. la deuxième partie du livre avec l’épopée de son Lear qui ne se montera jamais). Les contrats publicitaires (manne sur laquelle Orson aurait bien aimé compter sur la fin de sa carrière) ont eu tendance à se raréfier. Si Orson n’a jamais perdu de son vivant son statut de monstre du cinéma, ses dernières années l’ont fait transpirer à grosses gouttes.

citizen-kane-poster

Et si je devais oublier une chose, quelle serait-elle ?

« Une biographie n’est jamais écrite à bon escient ». Dans la deuxième partie du livre, Orson partage avec Henry son désintérêt pour les biographies. En fait, elles lui font peur. Selon lui, une bio mettra toujours (trop) en évidence les défauts, les verrues, de ceux dont on raconte la vie. Pour cette raison, j’oublierai le chapitre sur Chaplin. Orson y révèle une série de détails sur la personnalité et le travail du héros des Temps Modernes, rompant ainsi le charme autour du personnage à moustaches. Méfiez-vous : ne vous laissez pas convaincre trop vite par Orson l’illusionniste !

Bonne lecture à tous !

Tagué ,

Terminator Genisys : Fallait-il vraiment qu’il revienne ?

Le pitch : Le leader de la résistance John Connor envoie le sergent Kyle Reese dans le passé pour protéger sa mère, Sarah Connor et préserver l’avenir de l’humanité. Des événements inattendus provoquent une fracture temporelle et Sarah et Kyle se retrouvent dans une nouvelle version du passé. Nouveaux défis, nouveaux Terminator, nouvelles emmerdes. Cet opus a été réalisé par Alan Taylor. Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose, pourtant son CV est impressionnant. Il a travaillé sur de grosses productions TV (comme les Soprano, Mad Men et plus récemment Game of Thrones). À partir de 2011, appelé par la franchise Marvel, il réalise plusieurs block busters musclés (un opus de Thor, des Avengers, etc.). Rien d’illégitime donc, à le retrouver en capitaine de bateau sur ce nouveau Terminator.

Terminator-Genisys-T-800

Les 3 plus et les 3 moins du film ? 

++ : La réplique numérique d’Arnold Schwarzenneger jeune est impressionnante. Dans sa fameuse interview web, James Cameron (qui co-signe le scénario du film) ne nous ment pas. Le moment ou le jeune T-800 rencontre son ancêtre est très attendu. D’abord parce que la qualité des effets spéciaux est impressionnante (le gros plan sur le visage du jeune Terminator est extrêmement réaliste). Ensuite, parce que cette scène détourne une des scènes mythiques du premier opus. À ce moment du film, on a hâte de connaitre la suite.

+ : Le casting. Si j’émettais quelques réserves sur le choix Jason Clarke avant de rentrer en salle, il campe assez bien un John Connor déstabilisant. Quant à Emilia Clarke (Sarah Connor) elle fait son job. On lui trouve même quelques ressemblances avec Linda Hamilton, la Sarah des T1 et T2 ( les muscles en moins, un peu de poitrine en plus).

+ et –  : On se marre ! Surtout des singeries du Terminator autrichien qui a vieilli et qui s’est largement humanisé au contact de Sarah Connor. À l’image de ce sourire « de convenance » vu et revu dans la bande annonce du film.

terminator-qui-sourit

Toutefois était-il judicieux de tant forcer le trait, au point d’assimiler le T-800 à un papy ? Terminator, nouvelle comédie potache ? À voir le dimanche soir en famille ? En tout cas, l’atmosphère inquiétante et un peu crado des premiers opus a complètement disparu.

– Ça parle trop ! Et pourtant je suis plutôt le genre de mec qui aime bien quand ça blablate. Mais là, ça parle pour ne rien dire. « Comment ? Je sais que tu m’aimes et pourtant tu vas mourir ? » … « Vraiment tu veux t’assoir sur ce banc ? Ce serait tellement merveilleux qu’il soit encore là demain si nous arrivions à détruire Skynet » … « Ah non Skynet, tu n’es pas mon ami ! Je te déteste ».

– – Une idée de base mal exploitée (attention spoiler). L’idée de pervertir John Connor était effectivement une très bonne idée et permettait d’ouvrir le champ des possibles. Malheureusement, ces possibles tournent trop vite autour de la même chose : la technologie. Avec la manipulation génétique, la manipulation technologique est THE INCREDIBEUL IDEA pour créer du super méchant. L’idée, usée, épuisée, ne fait, je trouve, plus recette. Le super John Connor qu’on dégonde à coups d’aimants et d’impulsions électro magnétiques, c’est bof. Un super ordinateur qui contrôle tout ? L’idée était géniale entre la fin des années 70 et le début des années 90. Aujourd’hui, elle est beaucoup moins surprenante.

Conclusion : Le prochain film que j’irai voir ne sera pas une super production américaine ! Et vous qu’en avez-vous pensé ! Laissez-moi vos commentaires.

Le formation de l’acteur de Constantin Stanislavsky

Constantin Stanislavsky est un comédien, metteur en scène et professeur d’art dramatique russe (1863-1938). Son enseignement est à la base du célèbre cours new-yorkais de théâtre Actors Studio de Lee Strasberg et Elia Kazan. La formation de l’acteur est publié pour la première fois en 1936. Stanislavsky est également l’auteur de la construction du personnage.

Le pitch du bouquin : Le jeune Kostya veut devenir acteur et décide de se former avec le professeur Tortsov. Le livre prend la forme du journal intime de Kostya, tenu pendant sa première année de formation.

formation acteur

En vrai, ça raconte quoi ? La formation de l’acteur est le premier livre que j’ai lu lorsque j’ai intégré le studio Muller, une école de comédien professionnel à Paris (j’y suis resté entre 2009 et 2012). L’objectif : comprendre la méthode de jeu de Constantin Stanislavsky et son intelligence émotionnelle, autrement dit la base de l’enseignement type Actors Studio. Au cours de sa carrière de chercheur (et oui, même en théâtre c’est possible), Constantin Stanislavsky a découvert une chose primordiale : nous ne pouvons pas contrôler nos sentiments. Par exemple, on ne peut pas vivre la tristesse ou la joie dès lors qu’on le décide. Ce serait trop beau !

L’alternative que propose Stanislavsky est finalement assez simple : si on ne peut invoquer sur demande un sentiment, on peut en revanche, via un processus de concentration et de travail très personnel, invoquer des images, des souvenirs du passé, assez forts pour réveiller aujourd’hui l’émotion jadis ressentie. Une partie du travail de l’acteur consiste donc à se construire un jeu d’images et de souvenirs personnels, utilisables à tout moment (préparation d’un rôle, improvisation, …). L’acteur ne joue plus, il n’incarne plus, il est simplement lui-même, dans une situation. Plus l’acteur travaille, plus ses souvenirs personnels et le contexte du rôle se confondent : l’histoire du personnage devient petit à petit celle de l’acteur. L’acteur s’efface, l’homme prend place. 

C’est ce parcours, cette expérimentation, que Stanislavsky nous livre dans son livre au travers du regard de Kostya l’élève (un Stanislavsky jeune et inexpérimenté) et son professeur Tortsov (le Stanislavsky plus mature).

En conclusion : Pour ceux qui n’aspirent pas à devenir comédien professionnel mais qui veulent en savoir un peu plus sur le jeu d’acteur, le livre est très accessible ! Ceux qui se destinent à une carrière d’interprète ne pourront pas passer à côté. À lire dès le début de votre apprentissage et à relire un an ou deux ans après. Vous n’aurez pas le même niveau de lecture.

Bonne découverte à tous.

Tagué

Jurassic world : cliché n’est pas joué !

Le contenu du film : 20 après Jurassic Park, Jurassic World a ouvert. Il accueille plus de 20 000 visiteurs par jour du monde entier.Les dinosaures font désormais partie intégrante de la vie sur Terre ; la nouveauté de leur existence est acceptée de tous. Oui mais voilà, un gros gros dino (plus gros encore q’un T-Rex, plus rapide qu’un vélociraptor au galop et plus malin qu’un singe) finit par s’échapper de son enclos. Une histoire qui sent le steak frais à plein nez.

affiche-jurassic-world

En détail, ça raconte quoi ? Bien que ce nouvel opus ait fait le meilleur démarrage de tout le temps, la magie des premiers Jurassic Park n’est plus vraiment au rendez-vous. Le film reste un divertissement sympathique. On peut cependant retenir deux ou trois petits choses de ce nouvel opus

1 – Omar Sy y tient un rôle d’éleveur de raptors. C’est rigolo même s’il ne sert pas à grand chose. M’enfin cocorico ! (Merci le journaldugeek pour la photo)

JurraSYque-Park

2 – Chris Pratt est un vrai beau gosse. Il prend la pause, joue de sa voix grave quand il le faut, se fait obéir des raptors et bien sur, finit par emballer la jolie bourgeoise du film (Bryce Dallas Howard) après l’avoir faite courir une bonne demie heure dans la jungle et en talons hauts. Facile. Pour la petite anecdote il parait que Bryce a vraiment couru dans la forêt avec ses talons. Dure la vie d’acteur.

3 – Plus sérieusement, le hic du film, c’est son manque de surprise. Le méchant dino est une manipulation génétique (on ne sait plus faire des méchants autrement), le savant fou a créé le pire des animaux mais ne se doutait pas que c’était à ce point là, les gentils pensent qu’ils ont gagné la partie (et bien sur, il y aura une suite) etc. etc. Même l’humour semble être absent de cet opus avec des répliques plates et prévisibles. Bref, encore un film qui nous fait dire que lorsqu’on met tout l’argent dans les effets spéciaux …

Conclusion : Un film à découvrir pour les amateurs de gros dinos et de beaux effets spéciaux !

Histoire du cinéma français (3e édition) de Jean-Pierre Jeancolas

Né dans les années 30, Jean-Pierre Jeancolas est un critique et historien du cinéma. Il a collaboré dans plusieurs revues (Jeune Cinéma, Positif). Dans L’histoire du cinéma Français l’auteur joue à fond son rôle d’historien pour nous offrir une petite frise du temps cinématographique.

Le contenu du bouquin : Une centaine de page pour présenter les grandes lignes de l’histoire du 7e art en France : de la naissance du cinéma de Méliès à la complexité des modèles économiques de la création d’aujourd’hui.  

histoire cinéma francais

En détail, ça raconte quoi ?  En 100 pages, pas de détail ! Et parfois, ça fait du bien. Un bouquin facile à lire, qui aborde rapidement l’évolution du cinéma depuis les frères Lumières : Pathé et Gaumont étaient là dès le début, le cinéma d’après guerre, la Nouvelle Vague, les réalisateurs qui ont marqué le PAF, etc. Le tout se lit en une petite heure, voire deux, mais simplement parce que je suis un peu lent !

En somme, un bon livre pour initier sa culture quant à l’histoire du cinéma bleu blanc rouge.

Bonne lecture à tous.

Tagué ,

Pop Théologie de Mark Alizart

Mark Alizart est un acteur de la vie culturelle française né à Londres en 1975. Il a été, entre autre, à l’origine de la revue « Fresh Théorie » alors qu’il travaillait au Centre Pompidou, co-directeur du Palais de Tokyo en 2006 puis conseiller au ministère de la Culture et de la Communication en 2010.

Le pitch du bouquin : Pourquoi Maître Yoda dit-il qu’il faut « croire » en la Force, dans La Guerre des Étoiles ? Pourquoi l’une des premières équipes de football a-t-elle choisi de s’appeler les Corinthiens ? Pop Théologie suggère que c’est parce que la société du spectacle, des loisirs et de la consommation doit sa forme à la religion. Tiens donc !

pop théologie - mark alizart

En vrai, ça raconte quoi ?  Yoda, la Force. Super ! Avec un tel pitch, je pensais découvrir un livre bourré de décryptages de la pensée Holywoodienne moderne. C’est raté. Alors, pop théologie ça parle de quoi ? Plus de théologie que de culture finalement.

Une grande partie du livre est consacré à l’histoire du protestantisme et à son influence sur notre société actuelle. En s’appuyant sur les réflexions et la philosophie de Calvin, Nietzsche, Hobbes, ou encore Weber, ce qui intéresse Alizart c’est la capacité que l’homme a de se surpasser, de surmonter les obstacles de la vie. Des obstacles qui lui permettent de mieux comprendre son identité, son soit. Or, dans la pensée protestante réformée, c’est en cultivant la foi (en Dieu) que chacun trouve son salut. Par cultiver sa foi, on entend exprimer des valeurs (chrétiennes) applicables au quotidien (en faisant des actions justes). La réalisation de ces actions exige parfois de nous un effort. C’est en acceptant cet effort que nous comprenons mieux qui nous sommes (limites à repousser, développement de notre imagination etc.). Le fait d’aduler le Yoda de Star Wars (ou d’autres oeuvres de la pop culture) n’est pas signe de désenchantement mais représente, au contraire, un retour aux valeurs morales. « Seuls ceux qui croient ont une morale, et seuls ceux qui ont une morale ont « la force » de se libérer, de réussir ». CQFD !

Autre bon point du livre : c’est un excellent somnifère si vous avez du mal à trouver le sommeil le soir au fond du lit…

Bonne lecture à tous.

Tagué

Comment gagner le Nikon Film Festival …

… c’est dur ! Même avec un bon film, parole de participant !

nikonfilm

Le Nikon Film Festival c’est un thème imposé, 140 secondes pour convaincre et un jury de professionnels pour délibérer. Le thème de cette 5e édition était « Je suis un choix ». Le jury était présidé par le réalisateur Michel Hazanavicius (The Search, The Artist, la série des OSS 117).  Canal+ était aussi de la partie avec la présence de Pascale Faure (directrice de l’unité des programmes courts et créations de le chaine ) venue « repérer de nouveaux talents » et récompenser son coup de coeur (en l’occurence, je suis une moustache).

Alors comment faire pour impressionner ce jury exceptionnel ? Il n’y a pas de miracle, il faut bosser ! Sa technique d’abord. Ce qui frappe immédiatement lorsqu’on visionne le TOP50 des films, c’est la maitrise technique de tous les concurrents. Des films soignés, propres et inspirés. Son scénario ensuite. Raconter une histoire en 140 secondes ce n’est pas simple, comme peut en témoigner Michel Hazanavicius dans cette vidéo Nikon.

Pour vous aider, allez jeter un coup d’oeil sur les 50 films sélectionnés par un jury de pro (dont les équipes de Nikon, Vodkaster, etc.) et diffusés lors du dernier festival international de court métrage de Clermont Ferrand (merci à son président Eric Wojcik !). N’oubliez pas non plus d’aller visionner les 5 lauréats.

Quant à mon film, je suis toujours un choix, sa sélection dans ce top 50 a été un vrai coup de boost et m’a permis de faire de belles rencontres ! Le film va d’ailleurs connaitre une seconde vie en festival. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant sur ce blog. En attendant, vous pouvez cliquer sur l’image suivante pour revoir le film !

Je-suis-un-choix

Tagué ,

Les 10 techniques pour mieux vendre son scénario par John Truby

Au dernier festival de Raindance, John Truby propose de connaître les dix « trucs » qu’un auteur ferait mieux de connaître pour essayer de vendre ses scénarios (à Hollywood en tout cas). Extraits.

Conseil n°1 : Connaitre les genres les plus populaires.

Pour maximiser ses chances de vendre un scénario à Hollywood il vaut mieux connaître les 10 formes de film les plus populaires, à savoir l’action, la comédie, les histoires de meurtres, les enquêtes policières, l’horreur, le fantastique, les histoires d’amour, la science-fiction, la légende, les thrillers et la fantaisie.

Conseil n°2 : Combiner 2 ou 3 genres.

A Hollywood, comme partout à travers le monde, 99% des scénarios sont maintenant écrits en combinant plusieurs genres. Pourquoi ? Cela nous ramène à une antique règle de vente : offrez plus pour le même prix. C’est comme cela que ça fonctionne Hollywood. Quelques exemples : Les Jason Bourne (la mémoire dans la peau et la suite en français) combinent les genres action et thriller. Titanic = histoire d’amour, film catastrophe + légende/mythe. Le Dark Knight (Batman) = Crime + Légende + Fantaisie etc.  On pourrait faire la même chose avec le dernier film français qui marche fort « Qu’est-ce que j’ai fait au bon dieu ». On mélange à la fois la comédie + une histoire d’amour + le « coming-of-age » des deux papas passant d’un comportement pré-adolescent à une certaine maturité à la fin du film.

Conseil n° 3 : Trouver le(s) bon(s) genre(s) pour son histoire.

Dans le processus d’écriture de scénario, les plus grandes décisions doivent être prises au début, lorsque vous développez l’idée de votre histoire. C’est un fait : 99% des histoires sont mal écrites car la phase préparatoire a été négligée (ce que Truby appelle le développement de la premise : une idée de base sur laquelle tout repose et qui ne doit souffrir d’aucune faille c.f. son livre « Anatomie du scénario »). Pourquoi ? Pas parce que l’idée de base est mauvaise, mais simplement parce que l’auteur a manqué de méthode pour passer d’une idée qui tient en une ligne à une scénario de 120 pages.

Chaque genre peut amener l’histoire dans des directions radicalement différentes. Le secret pour choisir le bon genre est caché dans le sujet de l’histoire lui même. L’auteur doit creuser sa premise pour en trouver l’originalité et comprendre ce qui rendra son histoire vivante et originale. Une histoire criminelle amènera son héros à attraper un criminel. Le but d’une histoire policière est de découvrir la vérité. L’horreur est de se débarrasser d’un montre. Il faut trouver le but de votre personnage principal pour déterminer le genre que vous devrez utiliser.

Conseil n° 4 : Utiliser la légende comme un de vos genres

Hollywood veut du blockbuster. Votre histoire doit donc pouvoir s’adresser à des centaines de cultures et nationalités différentes. En terme de communication, voilà un paquet de barrières à faire sauter ! Malheureusement la plupart des auteurs ne connaissent pas la recette des scénarios qui « voyagent ». Par exemple, les comédies basées uniquement sur des dialogues drôles ne voyagent PAS. Les histoires rappelant des personnages légendaires, au contraire, savent traverser les frontières. La légende, le mythe, est l’un des plus vieux genre et l’un des plus populaires.

Conseil n° 5 : Combiner les histoires de légende avec un ou deux autres genres.

Pas seulement parce que vendre 2 pour le prix d’un c’est mieux ! Mais aussi parce que les histoires qui se réferent aux légendes peuvent souffrir de certaines lacunes qu’il faut combler avec d’autres genres.

Conseil n° 6 : Mélanger les genres mais garder un style principal

Truby met en garde contre les histoires trop compliquées ! Simplifiez-vous la vie en gardant un genre principal lorsque vous écrirez votre histoire.

Conseil n° 7 : Si vous écrivez un scénario de film indépendant, écrivez un film d’horreur, un thriller, ou une histoire d’amour. 

Un film indépendant = peu de moyens. Ces trois genres de films nécessitent peu de moyens, peu d’acteurs et parlent au plus grand nombre. Attention choisissez bien votre genre en fonction de vos aspirations et de vos facilités.

Conseil n°8 : Connaissez vos sujet par cœur

Les auteurs de blockbusters savent parfaitement à quel rythme doit battre le cœur de leur scénario. Il s’agit donc de connaître l’anatomie du genre dans lequel vous voulez écrire sur le bout des doigts !

Conseil n°9 : Soyez original, allez au delà du genre

Les personnes qui achètent des scénarios en ont lu des dizaines avant le vôtre et en liront des centaines après. Une scénario bien fait, bien construit, ne suffit pas pour être acheté. Pour cette raison, les auteurs professionnels doivent transcender la forme de leur histoire, trouver leur originalité. Malheureusement, point de recette magique pour le devenir ! Travailler et écrire vous permettront, au fil du temps, de savoir comment transcender la structure de l’histoire que vous avez créé.

Conseil n°10 : Spécialisez-vous dans le(s) type(s) d’histoire qui vous ressemble(nt) le plus.  

Je ne connais aucun auteur professionnel qui maitrise plus de deux ou trois genres différents. C’est pourquoi vous devez être honnête avec vous-même, connaître vos forces et vos faiblesses et savoir vers quels genrs vos qualités vous dirigent. Une fois fixé sur un ou deux genres, écrivez ! A force de travail vous serez surpris de voir à quel point vous serez capables de produire des scénarios originaux, de qualité et qui se vendront !

Pour lire l’intégralité de l’entrevue de John Truby au dernier festival de Raindance c’est ici !